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Cathy Bernheim, écrivaine/écrivain

MÉMOIRES DES TEMPS FUTURS

6 Juillet 2019, 09:41am

Publié par Cathy Bernheim

 

Le récit se déroule dans un ou deux millénaires. En présence : trois sociétés étrangères les unes aux autres, lointaines descendantes de celles qui ont survécu aux apocalypses annoncées des siècles précédents. C'est de la fiction. De la science-fiction ? Plutôt de la SENS FICTION. Un texte s'adressant à la réalité des sens ou des sensations pour imaginer ensemble, au delà du raisonnable, des futurs possibles.

 

 

MÉMOIRES DES TEMPS FUTURS

Extrait

De mémoire d'oiselle, aucune n'avait jamais rencontré de survivantes du monde sousMarin. Et évidemment, personne n'a imaginé en voir surgir une du fond des mers, sur une île située au milieu de nulle part. On savait que la planète avait été riche et fertile avant de disparaître et que l'OcéanMère avait reflété cette richesse. Grâce au témoignage de la Barbue, on découvre maintenant que l'élément liquide a engendré la diversité des espèces alors que les SurVivant.es n'avaient pas encore peuplé les Terres éparpillées. Parmi les Oiselles, l'excitation est à son comble. Les escadrilles exploratrices ont été renforcées, et on cherche tous azimuts d'autres traces de vie. Soudain, on voudrait tout connaître de ces abysses inexplorés. Et bien sûr, tant qu'on n'a rien trouvé d'autre, on doute de la validité de cet unique témoignage. De sa pertinence. (P. 68)

Extrait 2

C'est l'époque où l'on commença à comprendre en Bas Lieu que l'épidémie du Corail Blanc se propageait sans que nous ayons les moyens de l'endiguer. À moins de le contraindre à s'en tenir à une espèce en accélérant le processus d'absorption des H. Pour les créatures sousMarines, ils représentaient des proies faciles, tant leur agitation paraissait vaine et dépourvue de toute logique. Quelques décharges bien envoyées par les escouades de poissons électriques, anguilles, raies, poissons-éléphants ou poissons-chats suffisaient à les déboussoler. Ils en oubliaient de recharger leurs batteries et finissaient leur existence dans la nécromasse qui tapissait les fonds. Nous qui étions chargées du nettoyage, nous avions du mal à progresser au milieu de ce magma. Et nous pensions que pas un seul n'avait pu survivre bien longtemps dans ces conditions. "Paix à leur âme", disaient les Anciennes. (P. 51)

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MARY SHELLEY, au-delà de Frankenstein

4 Juillet 2018, 05:54am

Publié par Cathy Bernheim

En librairie le 21 juin 2018

 

Des descendants de Frankenstein aux héritières de Mary Shelley, une biographie pour prolonger la réflexion sur les rapports entre science, fiction et création littéraire.

 

HISTOIRE ET ACTUALITÉ DE FRANKENSTEIN

L'année 2018 marque le bicentenaire de la parution du roman fantastique et de science-fiction : Frankenstein, ou le Prométhée moderne. Les trois volumes sans nom d'auteur, escortés d'une préface tout aussi anonyme, paraissent à Londres le 11 mars 1818. Ils sont publiés par un éditeur spécialisé dans les ouvrages populaires, de vulgarisation ou ésotériques.

 

Si les critiques littéraires sont partagés quant à la valeur de l'ouvrage, les lecteurs, eux, ne s'y trompent pas : ils se l'arrachent. Le succès est immédiat.

Dès le second tirage, fin 1818, celle qui l'a écrit est enfin désignée sur la couverture. Il s'agit de Mary Shelley, une jeune femme qui défraie la chronique depuis qu'elle a fui la maison paternelle à l'adolescence en compagnie du poète Percy B. Shelley, qu'elle vient d'épouser.

Dans l'Angleterre de la prison pour adultère, sodomie ou dettes… et des exécutions publiques, Mary Shelley fait scandale à plus d'un titre. Par sa précocité et ses mœurs prétendûment dissolues, d'abord. Mais aussi et surtout par la thèse de son livre affirmant haut et fort que les gens ne deviennent pas des criminels par destination, mais qu'ils sont conduits à le devenir par une société intolérante aux écarts de la norme.

La controverse qui fait rage alors n'a plus cessé depuis.

En deux siècles, l'histoire de ce savant fou, Victor Frankenstein, et de la créature sans nom, a inspiré un nombre incalculable d'adaptations sur toutes sortes de supports : pièces de théâtre ou grand-guignol, films de cinéma ou de télévision, livres, feuilletons, BD, spectacles, jeux de société ou jeux vidéo, site dédiés etc. Jusqu'à devenir ce mythe des temps modernes où « le monstre » se confond avec son créateur pour hanter nos cauchemars sous le masque impressionnant de Boris Karloff, fixé sur la pellicule d'un film d'horreur en noir et blanc datant de 1931.

Une telle longévité nous interroge.

Compte tenu des métamorphoses de cette œuvre transformiste, nos cultures versées dans l'enquête et le réalisme ont précisé certains contextes de la création du livre. On sait qu'il pleuvait sur l'Europe à cause de l'éruption d'un volcan indonésien lorsque ces Anglais bohèmes qu'étaient Lord Byron, Percy Shelley, Mary Godwin future Mary Shelley, et sa demi-sœur Claire Clairmont, confinés et frigorifiés dans la villa Diodati, près de Genève, se sont raconté et lu d'horribles « histoires de fantômes » au coin du feu. On a depuis cette époque pas si lointaine appris à déchiffrer leurs rêves les plus obscurs en sondant leurs inconscients amplement documentés par la découverte de lettres et de journaux inédits.

Aujourd'hui, on peut retracer les errances de la monstrueuse créature dans celles de ses différents avatars, du Golem aux Gueules Cassées… jusqu'aux millions de victimes du sanglant 20ème siècle. À travers tâtonnements, erreurs et horreurs, les médecins ont ainsi appris à « réparer les vivants » jusqu'à permettre la réhabilitation de ceux qu'ont appelait jadis les invalides.

Le planning familial a été développé, le contrôle des naissances autorisé , l'obstétrique a lutté efficacement contre la mortalité maternelle et infantile.

Une carte du génôme humain a été dressée, qu''il s'agit maintenant de modifier grâce à des « ciseaux génétiques » ou autres outils virtuels de laboratoires. Après avoir décrypté l'ADN, la matérialisation de chimères et autres clones est devenue chose possible.

Enfin, les atomes ont été démasqués, la matière décomposée, les électrons domptés, les énergies canalisées… Bref, les découvertes scientifiques évoquées par Mary Shelley pour étayer la proposition initiale de son premier roman de science-fiction ont été largement atteintes, dépassées voire outrepassées. Son imagination aussi.

 

AUTOPSIE PROVISOIRE DU CORPUS

Lorsque l'on se penche avec attention sur le destin littéraire peu commun de cette histoire et surtout de la femme qui l'a imaginée, Frankenstein recèle encore des richesses insoupçonnées. Car sa genèse est une danse macabre en quatre mouvements.

 

1 : RÊVER. Frankenstein est né d'un rêve. D'un cauchemar qui a visité Mary Shelley par une sinistre nuit, non pas de novembre, comme dans le livre, mais d'un mois de juin particulièrement froid et pluvieux.

Percy, Mary et sa sœur par alliance Claire Clairmont viennent de déposer leurs bagages au bord du Lac Léman. Ils ont loué la petite maison Chapuis pour passer l'été tout près de la grande villa Diodati où Byron s'est installé avec son médecin, Polidori. Chaque soir, ces exilés volontaires se retrouvent pour dîner en parlant de tout et de rien : des derniers potins de leur pays natal jusqu'aux découvertes scientifiques et artistiques, poésie, théâtre ou littérature. Les classiques, bien sûr. Mais progressistes, ils n'en oublient pas pour autant les best-sellers d'une époque qui commence à mettre la culture à la portées de tous. En ce début de l'ère post-napoléonnienne, l'Europe est la proie d'une passion étrange pour les contes fantastiques et les romans que l'on n'appelle pas encore gothiques. Des histoires terrifiantes plus ou moins surnaturelles qu'ils se lisent à haute voix en essayant d'y mettre le ton. Ils sont tous impressionnables. Sous l'influence de leurs sensibilités exacerbées par le bon vin des coteaux suisses et les stupéfiants à la mode (opium, laudanum), ils rivalisent d'ingéniosité pour se faire peur. Ils ont reçu, quelques jours auparavant le célèbre M. G. Lewis, dit « Monk » Lewis, dont le roman « The Monk » (Le Moine), paru l'année de la naissance de Mary, est un modèle du genre gothique naissant. Mary aurait-elle l'âge du gothique ? Ses contemporains, en tout cas, s'en délectent. Par mesure de boutade, Byron et Percy Shelley lancent un défi : écrire une histoire de fantômes.

Au bout de quelques jours, les hommes sont retournés à leurs occupations plus sérieuses. Ils ont une réputation à tenir, et donc, une œuvre à poursuivre de leurs assiduités. Seule Mary est restée la plume en l'air, obnubilée par ce qu'elle a ressenti comme un enjeu personnel. Et c'est ainsi qu'une nuit lui apparaît le monstre de Victor Frankenstein, dont elle commence dès le matin à transcrire l'histoire.

Laquelle sera plus tard souvent illustrée par une des variantes du tableau « Le cauchemar », dû au peintre Füssli, ex-amant de Mary Wollestonecraft, la mère de Mary Shelley.

Une histoire de rêves, donc, que le siècle de la psychanalyse puis celui des neurosciences, comme nous le verrons, n'ont cessé d'approfondir.

 

2 : CRÉER. Moins de deux années séparent cette nuit créative de la parution des trois volumes de Frankenstein. Mary avait tout juste 16 ans, elle en a 18 quand elle expose son rêve au regard de ses compatriotes. Anonymement, dans un premier temps, comme nombre de romancières anglo-saxonnes de ces années-là (et chez nous, George Sand, par exemple).

Si Mary ne fréquente les créatrices qu'en se plongeant dans celles de leurs œuvres qui parviennent jusqu'à elle, ce n'est pas la même chose pour les hommes. Des créateurs, elle en a rencontré et des meilleurs, dans la maison de son père. Dont les invités figurent maintenant dans toutes les bonnes anthologies ou dictionnaires des personnages illustres. Elle s'est aussi familiarisée avec tout ce qui lui tombait sous la main en matière de chefs d'œuvres certifiés de la littérature mondiale. Quitte à apprendre le latin, le grec ou l'italien si nécessaire : elle a le don des langues et un goût prononcé pour les productions de l'imaginaire. C'est donc à cœur joie et à corps perdu qu'elle se lance dans ce nouveau compagnonnage où s'entrelacent étroitement écriture et amour.

Elle y passera le reste de sa vie, à la fois écrivaine, commentatrice des auteurs, ou éditrice des poèmes de Percy B. Shelley malgré l'opposition permanente et implacable du père de celui-ci.

Car si les poètes qu'elle a aimés ont disparu les uns après les autres, leurs œuvres restent. Elle en a pleinement conscience, elle qui leur a survécu pour devenir Le dernier homme, titre qu'elle donne à son deuxième et ultime livre de science-fiction.

 

3 : PROCRÉER. Oui, mais Mary Shelley est une femme. Cela doit-il disqualifier son œuvre ? À voir son parcours en dents de scie dans l'histoire littéraire, on peut le croire. Si Frankenstein ou le Prométhée moderne n'avait pas touché profondément son public, suscitant très vite enthousiasme, engouement, adaptations, transpositions et même polémiques, sans doute aurait-il sombré dans l'oubli aussi rapidement que son auteure. Comme tout un cortège d'œuvres écartées des anthologies, des études et commentaires de l'histoire littéraire officielle, disqualifiées pour avoir été créées par des femmes.

Car oui, Mary Shelley est une femme. Ce qui veut dire notamment que pour assurer sa descendance, elle bravera tous les dangers d'une maternité semée d'embûches : quatre enfants, dont un seul lui survivra. Sans aller jusqu'à énumérer les complications récurrentes des accouchements au fil des siècles, rappelons qu'elle est née d'une mère morte en couches à son deuxième enfant, et qui avait vu mourir sa meilleure amie Fanny dans les mêmes circonstances. Lourde hérédité que celle des femmes à cette époque quand elles deviennent mères. Le voulant ou pas, car la loi de la plupart des pays interdit alors l'avortement, allant jusqu'à punir de la peine capitale ceux et celles qui le pratiquent.

Comme beaucoup de ses « sœurs », Mary Shelley aura bénéficié d'une solidarité entre femmes qui a toujours existé et qu'elle-même a pratiquée concrètement tout au long de son existence. Une solidarité que les siècles suivants enrichiront d'une pratique revendiquée par le féminisme comme une nécessité politique : la sororité. Réclamant le droit de vote, le droit de mettre au monde les enfants selon leurs possibilités (si je veux quand je veux, disait une affiche des années 1970), de les élever décemment c'est à dire en ayant la disponibilité et les moyens de le faire sans dépendre d'un protecteur ou d'un souteneur/soutien de famille, les mouvements féministes, si décriés en leurs temps, ont élargi la vie des femmes à leur mesure et à leur manière en les incitant à se battre pour elles-mêmes. Pour devenir les citoyennes à part entière de nos sociétés presque égalitaires en matière de sexes.

Si bien qu'à la lumière de ces avancées, ce livre nous raconte non seulement par anticipation les progrès des sciences et de la médecine, la démocratie dans nos sociétés technologiques, la mondialisation des idées, la culture accessible à tous, et la répartition égalitaire de la procréation, mais aussi et surtout l'inéluctable marche des femmes vers leur libération.

Le dernier homme, une femme ? Cela peut s'envisager, ont-elles dit. Et Mary Shelley de sourire.

 

4 : ET APRÈS ?

Dans ce paysage chamboulé demeure toutefois presque intacte la difficile, pénible, sempiternelle différence des sexes. Sa frontière de nos jours si mouvante est désormais éclairée par l'esprit des Lumières et des sciences qui en sont issues. Or ces dernières ont été poussées à un tel degré d'étrangeté qu'on peut se demander si l'on ne vivra pas bientôt dans un monde de fiction pure. Et si le dernier homme évoqué par Mary Shelley ne sera tout simplement pas un automate, descendant des créatures mécaniques de jadis.

Une intelligence artificielle ? Oui, mais qui se chargera d'éteindre la lumière en quittant ce monde. Et nous abandonnera dans l'obscurité. C.B.

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HIPPOLYTE BERNHEIM, Un destin sous hypnose

30 Octobre 2016, 18:54pm

Publié par Cathy Bernheim

L'invention de l'hypnose thérapeutique à la fin du 19ème siècle est née d'une bataille épique entre les médecins de Nancy et leurs collègues parisiens de la Salpêtrière.

"On ne naît pas médecin, on le devient", déclare le Pr Hippolyte Bernheim lors de sa leçon inaugurale à la faculté de médecine de Nancy en 1873. À 33 ans, à peine plus âgé que ses élèves, il veut exercer une médecine ouverte à toutes les innovations, mais aussi  et surtout enracinée dans l'expérience des malades. C'est l'époque où l'art médical devient technique, le médecin, ingénieur. De nombreuses découvertes ont eu lieu, qui permettent de mieux comprendre comment agissent les microbes, les bactéries, les virus. Pour contrebalancer cette médecine de laboratoire, Hippolyte Bernheim explore avec système, humour et conviction les rapports entre le corps et l'esprit, la raison et la folie, la maladie et la santé. Il le fait au moyen d'une pratique ancienne mais longtemps décriée : l'hypnose.

Véritable virtuose, Hippolyte Bernheim est bientôt connu dans l'Europe entière, et même au-delà. Le jeune Freud vient prendre des leçons dans son service. Il se rangera à ses côtés quand, dans la querelles de l'hystérie, à la suite de Charcot, les grands pontes de la capitale dénonceront l'apparente simplicité de ses démonstrations. Redoutable polémiste, pourfendeur d'idées fausses, n'hésitant jamais à remettre en question un dogme énoncé en haut lieu s'il ne correspond pas à la réalité, Bernheim va, avec ses collègues de l'École psychologique de Nancy, tracer en quelques années la voie vers les neurosciences et les psychothérapies.

Documents Hippolyte Bernheim

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MARY SHELLEY, La jeune fille et le monstre

16 Septembre 2016, 18:57pm

Publié par Cathy Bernheim

 

 

    

Mary Godwyn Shelley n'a que 18 ans lorsque paraît en 1818 son premier roman, FRANKENSTEIN.

Elle a choisi pour titre de ce futur classique de la littérature fantastique et d'horreur le nom son héros, Victor Frankenstein. Un savant fou qui prétend ranimer un être composé de morceaux de cadavres recueillis dans les morgues et les cimetières de son Angleterre natale. En se servant de l'énergie électrique produite par un orage, il parvient à redonner la vie à cet assemblage. Mais saisi de terreur devant le résultat, il laisse échapper sa créature. Pour leur plus grand malheur à tous les deux.

Née d'une nuit de cauchemar, cette histoire à faire peur s'inscrit dans la lignée des feuilletons gothiques de son époque. Son auteur y interroge la toute puissance d'une science médicale qui est en train de naître sous ses yeux. Elle le fait avec le regard neuf d'une jeune femme qui a traversé de nombreuses épreuves dans sa courte existence, qu'elle partage, au moment où elle écrit, avec le poète Percy B. Shelley.  De longues discussions ont eu lieu dans la résidence d'été de Lord Byron, leur ami. Ces poètes déjà célèbres se sont lancé le défi de les porter sur le papier. Seule Mary Shelley y parviendra.

Le monstre sans nom a traversé les siècles jusqu'à ce qu'on le confonde avec son créateur. Le livre a été lu, relu, adapté pour le théâtre, au cinéma, en BD… Cette biographie retrace l'épopée qui a donné naissance à ce mythe des temps modernes.

Mise à jour pour l'édition portugaise

 

De la biographie

 

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VALENTINE HUGO

13 Septembre 2016, 18:28pm

Publié par Cathy Bernheim

Peintre et décoratrice de théâtre, Valentine Hugo porte un nom célèbre sans en posséder la lignée : ce sera, pour se faire connaître des milieux de l'art et de l'avant-garde de l'entre-deux-guerres, son seul viatique. Quant à son œuvre, longtemps méconnue, elle a gagné avec le passage des années le droit de cité qu'elle mérite.

Cet hommage/femmage à la démarche obstinée d'une artiste prend avec elle des libertés qu'elle a souvent revendiquées : admiration, fantaisie, impertinence et exploration d'un art sans cesse en mouvement.

De la biographie

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PICABIA

12 Septembre 2016, 18:23pm

Publié par Cathy Bernheim

En 1909, alors que la Belle Époque brille encore de tous ses feux, un jeune homme de bonne famille a commencé une carrière de peintre dans une galerie respectable. Soudain, il change radicalement de manière, provoquant la colère du marchand, qui vend toutes ses toiles aux enchères.

Francis Picabia vient d'entrer en force dans l'histoire de l'art, au chapitre de l'avant-garde.

Le personnage est fascinant. Dadaïste fou, maître ès-provocations, amateur de belles voitures, de vitesse et de jolies femmes, Picabia saura cultiver les clichés qui accréditent l'image d'un dandy encanaillé, versatile, fantasque. Jusqu'à faire oublier de regarder ses œuvres et de saisir combien le créateur a précédé son temps.

Impressionnisme, abstraction figurative avant la lettre, cubisme, fauvisme, hyperréalisme, la succession des styles et des métamorphoses le conduira toujours aux limites extrêmes de son époque.

Cette biographie intimiste fait apparaître un peintre étonnamment actuel qui continue à parler aux orphelins de l'art que nous sommes devenus. Son message est vivifiant. Pour Picabia, les artistes doivent faire leur la devise rabelaisienne : « Fais ce que voudras ».

 

De la biographie

 

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L'AMOUR PRESQUE PARFAIT

10 Septembre 2016, 18:25pm

Publié par Cathy Bernheim

Deuxième édition

Une génération de femmes en marche vers la liberté avec les gros sabots dont elles ont hérité. Êtres humains du sexe qui met les enfants au monde, selon les dictionnaires, elles sont à la recherche d'une identité qui n'en finit pas de se dérober. Le sexe, en tout cas, est ce qui les distingue encore du reste de l'humanité, des hommes. Et la poursuite de l'amour parfait, sous toutes ses formes, demeure peut-être leur grande aventure.

”Justement, parlons-en puisqu'on n'en parle pas. Ce que je ne sais pas encore, dans ces premiers temps des groupes de conscience, c'est que je souffre aussi d'un silence obligé sur la nature de mes amours. L'autocensure est totale : je n'ai même pas conscience de l'acrobatie mentale qu'il me faut faire pour parvenir à m'identifier à des femmes qui parlent d'un acte sexuel que je ne pratique pas. J'entonne avec elles slogans rigolos (pénétration = piège à cons) et autres chansons d'après boire : Y en a ras-l'-bol de se prosterner/Devant l'érection d'un phallus fatigué… Je signe des textes sur l'avortement, le désir d'enfants… J'inscris mon nom à côté de celui de 342 autre "salopes" (ainsi baptisées par la presse de gauche) déclarant avoir avorté dans les colonnes du Nouvel Observateur… Je me fais insulter par les "vraies" femmes de Elle quand je viens perturber la conférence de presse des États-Généraux organisés par le journal. Lorsque l'une d'elles, me toisant de la tête aux pieds, au vu des bottes, du blouson, du pantalon et de l'embonpoint que j'arbore, décrète que je ne suis pas une femme, JE LA CROIS.

Tout ce que j'ai vécu jusqu'ici dans ce mouvement de libération des femmes le confirme presque. Enfin, non : pas ce que j'ai vécu. Ce que j'ai dit et entendu dire.

Pour le vécu, c'est autre chose. Elles sont "autre chose".

Elles sont plus belles chaque jour, s'épanouissent à seulement se rencontrer, s'alanguissent avec les longues soirées, les nuits partagées, le soleil, elles ouvrent leur porte, leur vie, leur sexe sans crainte, ou du moins le semble-t-il, elles avancent vers quiconque avance vers elles. Et moi aussi. Moi comme elles. Je ne sais pas me dire mais heureusement, je sais me vivre en face d'elles. D'ailleurs j'en aime tant que la tête me tourne. Des prénoms par dizaines, des visages, des rencontres d'un instant ou -je le sens- de toute une vie. De la chaleur humaine à ne plus savoir qu'en faire. De la froideur aussi mais, noyée dans le flot vivifiant de l'amour "entre femmes" inopérante encore. Sisterhood is powerful, comme disent les Américaines.”

 

Sur les genres

 

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PERTURBATION, MA SŒUR. Naissance d'un mouvement de femmes

5 Septembre 2016, 21:36pm

Publié par Cathy Bernheim

Deuxième puis première éditions

 

Qui est Perturbation ? Une enfant du baby-boom qui a la particularité, après tout assez répandue, d'être née femelle. Et qui pour cette raison, fut accueillie au monde par toute une ribambelle de belles images qui faillirent bien l'étouffer.

Une tricheuse qui n'est pas née femme, mais l'est devenue. Et a trouvé le processus douloureux.

Alors elle s'est transformée en une de ces femmes folles furieuses qui, dans les années 1970, ont décidé de briser ensemble le cercle vicieux du symbole biologique. Elles l'ont semé de poings dressés plutôt phalliques, de mains qui brandissaient des fusils ou dessinaient la forme d'un sexe féminin, de corps de femmes libérés de la pesanteur. Ou bien l'ont ouvert, y ont accroché la lune ou des chaussettes… N'importe quoi pour que cela bouge.

Et cela s'est mis en mouvement. Plus, même : en mouvement de libération des femmes.

Aujourd'hui, Perturbation nous raconte cette naissance à sa manière. Elle sait bien que chacune, si elle pouvait se faire entendre, donnerait une autre version de la même histoire. Mais, après tout, la vérité non plus, n'est plus ce qu'elle était.

 

Féministes en tous genres : entretiens

 

D'un anniversaire à l'autre

 

 

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COMMENT GRODO EST DEVENU BEAU

2 Septembre 2016, 18:24pm

Publié par Cathy Bernheim

Dominique, surnommé Grodo, est envoyé comme apprenti serveur à l'Hôtel Paradis, en bord de mer. Il laisse derrière lui une mère malcommode ainsi que sa petite sœur Moustique, à qui il a confié son seul trésor : un carton de dessins. Le temps d'une saison, il va apprendre à se détacher d'une histoire familiale douloureuse en regardant vivre les autres.

”Au début, bien sûr, les obstacles ne manquent pas. Entre le bouchon récalcitrant, le carrelage glissant, la soupière brûlante et la coupe glacée voltigeuse, il a fort à faire pour ne pas être débordé. Parfois, il lui semble que les objets éprouvent un malin plaisir à lui échapper, ou à lui résister. Il s'imagine alors dans un jeu vidéo bourré de pièges. Il est Super Do, qui navigue entre les tables bancales, son plateau à bout de bras, en essayant d'éviter les Méchants Clients qui lui font un croche-pied au moment où il passe, louvoyant entre les angles aigus des meubles et les enfants turbulents qui prennent le restaurant pour une aire de jeu. Parfois, il utilise ses super-pouvoirs pour compenser sa mémoire qui flanche et ne parvient plus à lui dire où sont rangés les carnets d'ordre, quelle est la table numéro 7 ou pourquoi cet homme le regarde depuis cinq minutes d'un air furibond alors qu'il souffle un peu, accoudé au comptoir. Ah, bien sûr, se rappelle Super Do, il attend sa carafe d'eau.”

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QUEL CINÉMA !

1 Septembre 2016, 17:23pm

Publié par Cathy Bernheim

Antonietta, dite Tony, est la fille d'un propriétaire de cinéma dans la jolie petite ville de Demeung, sur la Côte varoise. Son adolescence sans nuages, mais non sans heurts, va être bouleversée par une série d'événements inattendus.

Un roman pour la jeunesse et ses espoirs pas toujours suivis d'effets.

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CÔTE D'AZUR

19 Août 2016, 18:29pm

Publié par Cathy Bernheim

Traduction allemande

Traduction croate

Deux jeunes filles, dans un décor de rêve, rêvent d'amour. Elles tentent de le vivre. Ensemble.

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IMPASSES

17 Août 2016, 15:47pm

Publié par Cathy Bernheim

Il y a des jours, comme ça, où en poursuivant obstinément sa route, on se retrouve dans une impasse. Pas encore le dos au mur, mais presque. Que faire, alors? Se taper la tête contre le mur ou faire demi-tour ? Vivre l'irréparable ou rebrousser chemin jusqu'au prochain carrefour? Écrites spécifiquement pour le compte des Éditions Glydendal, à l'usage des pays nordiques désireux d'apprendre le Français, ces deux nouvelles façon polar optent pour l'une ou l'autre solution.

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COBAYE BABY

16 Août 2016, 18:31pm

Publié par Cathy Bernheim

Dans un laboratoire du futur, une étrange expérience vient de réussir… La savante qui l'a menée à bien s'apprête à l'annoncer publiquement via les réseaux habituels.

L'exposé des faits est succinct : ce 28 février 2026, après douze semaines de vie à l'air libre, le bébé créé AR-TI-FI-CI-EL-LE-MENT (consciente du poids de ce mot, elle en détache chaque syllabe) dans l'unité 444 de la faculté de médecine reproductrice peut être déclaré viable. Il a reçu l'appellation d'E.H.A., abréviation pour "être humain artificiel" et vient de prononcer sa première parole, un "oui" tout juste perceptible.

C'est sans doute une victoire, admet Fanny Fraudenstein, mais c'est une victoire partielle, qui demande à être confirmée. Cependant, oui, c'est une victoire.”

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DORS, ANGE AMER

15 Août 2016, 18:04pm

Publié par Cathy Bernheim

Un écrivain, Ego Sum, se demande pourquoi il ne parvient pas à enquêter sur le sujet qu'il a lui-même choisi : l'histoire vraie d'un pédophile et de ses jeunes victimes (un fait divers).

 

Extrait : Lettre de Lolita à Humbert Humbert

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LE SEXISME ORDINAIRE

10 Juin 2016, 18:35pm

Publié par Cathy Bernheim

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